Le maintien des milieux ouverts
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Le maintien des milieux ouverts

Après la dernière guerre, les nécessités alimentaires et économiques ont engendré progressivement jusque dans les années 1980, des changements de pratiques agricoles majeures : accroissement des troupeaux, diminution du nombre des bergers, quasi disparition de la transhumance, disparition de la valorisation traditionnelle des parcours (coupes et brûlages des arbustes) et développement des parcs clôturés pour garder les troupeaux. Les exploitations agricoles sont de moins en moins nombreuses et chacune devient de plus en plus grande.

Les paysages ont alors subi une dynamique de fermeture des milieux sur les endroits désormais délaissés par le pâturage : la forêt se réinstalle et la lande à buis progresse sur certaines zones. Outre l'évolution rapide des paysages (perte d'identité et d'ancrage territorial, perte d'activités économiques...), l’appauvrissement de la diversité biologique peut devenir irrémédiable, alors que nombre d'espèces et d'habitats sont reconnus d'intérêt communautaire.

Dans les années 1980, la tendance s’inverse : c’est la reconquête des milieux. Les parcours ayant été abandonnés sont à nouveau pâturés et lorsque la végétation est devenue trop dense pour que le troupeau puisse accéder à la ressource en herbe, des travaux d’ouverture de milieux dits « de débroussaillement » sont réalisés de façon mécanique ou manuelle par les éleveurs. Ces travaux sont financés par l’Etat : Fonds de Gestion de l’Espace Rural dans les années 1990 et contrats MAE (Mesure AgriEnvironnementale) à partir des années 2000, dans le cadre de la mise en oeuvre de Natura 2000.

Ces démarches, soutenues par la Communauté de Communes Lodévois et Larzac, sont mises en oeuvre par le CPIE des Causses Méridionaux et ses partenaires techniques.

C’est ainsi que, pour accompagner les exploitants agricoles volontaires dans le montage de leur contrat, un diagnostic environnemental de leur exploitation est réalisé par le Conservatoire des Espaces Naturels Languedoc-Roussillon (CEN LR), suivi d’un diagnostic pastoral par le Service d’Utilité Agricole Montagne Méditerranée (OIER SUAMME).

Le croisement de ces deux diagnostics aboutit à la proposition à l’exploitant de mesures prenant en compte les enjeux environnementaux, tout en s’intégrant dans le système économique et pastoral de son exploitation. De nombreux exploitants ont pris part à cette démarche, puisque 23 contrats MAE ont été signés en 2 ans sur le Causse du Larzac méridonal (2008 et 2009) et une quinzaine sont en cours de réflexion pour la campagne 2010.

CPIE des Causses Méridionaux